DTF
La couleur est posée sur le tissu, et elle ne bouge pas.
Le visuel est imprimé sur un transfert, puis soudé au vêtement à la presse à chaud. Il ne dépend pas de la fibre en dessous — c'est pour ça qu'il fonctionne sur à peu près tout, et c'est pour ça que la couleur sort à pleine force sur du noir.
Le nom vient du film sur lequel le visuel s'imprimait. Le matériel a évolué depuis; le nom est resté. Dans l'atelier, on dit DTF.
01Le procédé, étape par étape
- ImpressionLe visuel est imprimé en couleurs, plus une couche de blanc opaque derrière. C'est ce blanc qui fait qu'un rouge reste rouge sur un chandail noir au lieu de virer bourgogne.
- AdhésifUne poudre thermocollante est appliquée sur l'encre encore fraîche, puis cuite. C'est elle qui fera la soudure avec le tissu.
- PresseLe transfert est posé sur le vêtement et pressé autour de 160 °C, une quinzaine de secondes, à pression constante. On décolle le support : le visuel reste.
- Second pressageUn coup de presse rapide sous une feuille de protection écrase la surface, fixe le fini et scelle les bords. C'est l'étape que les ateliers pressés sautent, et c'est celle qui décide si un coin lèvera dans six mois.
Ce qui fait la différence : la constance. Chaleur, pression, durée. Un transfert qui lève au coin est presque toujours un problème de presse, pas de matériel.
02Ce que ça fait bien, et moins bien
Le DTF excelle
- À peu près tous les tissus : coton, polyester, mélanges, technique, nylon
- Les couleurs très saturées sur vêtement foncé
- Les logos aux contours nets et les aplats de couleur pleine
- Les placements multiples : poitrine, manche, nuque, dos
- Les séries moyennes et grandes
- Les vêtements qui vont travailler — le visuel est sur la fibre, pas dedans
Le DTF est le mauvais choix
- Quand le visuel doit se fondre dans le tissu : un transfert a un bord
- Quand le toucher compte plus que tout — on sent le visuel sous le doigt, léger mais présent, surtout sur un très grand format
- Pour un effet délavé ou vintage : le DTG le fait naturellement, le DTF non
- Sur un coton très souple où l'on cherche le rendu le plus discret possible
03La durabilité
Un DTF bien pressé passe 50 lavages et plus sans pâlir. La couleur ne s'use pas au rythme du coton, parce qu'elle n'est pas dans le coton. Ce qui l'abîme, c'est le mauvais pressage au départ et l'étirement extrême ensuite — pas la sueur, pas le frottement ordinaire.
C'est la raison pour laquelle on recommande le DTF sur un vêtement qui va être porté dur : un chandail de plateau qu'on met quatorze heures par jour, six jours par semaine, sous un harnais.
04Entretien
- Laver à l'envers, à l'eau froide, cycle doux
- Sécheuse à basse température
- Pas de javel
- Jamais le fer directement sur le visuel — repassez à l'envers ou sous une feuille de protection
05DTG ou DTF ?
Aucun des deux n'est « le meilleur ». Chacun est le bon pour un travail précis. Voici la comparaison, sans détour.
| DTG | DTF | |
|---|---|---|
| Tissus | Coton et coton majoritaire | Coton, polyester, mélanges, technique, nylon |
| Toucher | Aucun — l'encre est dans la fibre | Léger relief : on le sent sous le doigt |
| Couleur sur foncé | Bonne, plus douce | Très forte, opaque |
| Photos et dégradés | Excellent | Bon |
| Contours nets, aplats | Bon | Excellent |
| Une pièce, petite série | Idéal — rien à monter | Possible |
| Grande série | Plus lent par pièce | Idéal |
| Porté à l'ouvrage | Pâlit au rythme du coton qui s'use | Tient plus longtemps |
| Effet délavé, vintage | Naturel | Non |
Pas certain ? Envoyez-nous votre visuel et dites-nous à quoi le vêtement va servir. On vous dira franchement ce qui rend le mieux — et on ne vous vendra pas le procédé le plus cher si ce n'est pas le bon.